En parallèle à la création du jardin des plantes à couleurs, une autre aventure voyait le jour…

L’indigo est un monde à lui seul et réaliser une cuve d’indigo est toujours un moment particulier. Sans entrer dans les détails, pour ma part je préfère démarrer cette cuve d’indigo à partir du pigment car il offre deux avantages importants : il permet d’obtenir des couleurs très saturées et peut être utilisé à n’importe quel moment de l’année.

Ce pigment est extrait des plantes indigofères que l’on trouve un peu partout dans le monde, selon la région et le climat. En Europe, il est possible d’en cultiver deux particulièrement : le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) et la persicaire à indigo (Persicaria tinctoria).

Le pastel des teinturiers est la seule plante à indigo qui soit originaire d’Europe. On le cultiva à grande échelle dès le XIème siècle. Depuis 2005, des projets ont été mis sur pied visant la remise en culture et la transformation des pastels pour fabriquer de l’indigo naturel. Depuis, plusieurs sociétés développent des produits teints en bleu de pastel.

La persicaire à indigo, quant à elle, est une plante originaire d’Asie et fut introduite en Europe à la fin du XVIIIème siècle. Cultivée au siècle suivant, sa culture fut ensuite interrompue (l’indigo en provenance des colonies étant plus attractif au niveau des prix) pour reprendre il y a une vingtaine d’années et faire l’objet de plusieurs programmes de valorisation agricole. Son principe actif est, en effet, d’une grande force colorante.

Ainsi, vous l’aurez déjà probablement deviné… le désir de réaliser tout le parcours « de la graine à la couleur » m’attirait énormément. Marina, amie teinturière, s’étant déjà lancée dans l’aventure, m’a offert des graines, Filip m’a offert sa serre afin de les faire germer et Dolorès, ma collègue dans l’aventure, m’a offert son jardin pour les planter et, surtout, sa collaboration au projet. Merci à tous pour ces beaux moments d’entraide, de partage et de complicité.

Nous avons donc planté les persicaires en pleine terre mi-mai. Et, mi-juillet, commençait la première récolte et la première extraction d’indigo. Impatientes de voir la quantité de pigment que nous allions recueillir, il nous a fallu néanmoins attendre que la pâte sèche… Belle surprise mais questionnements aussi… C’est ainsi que, durant tout l’été et au fil des extractions, nous avons affiné notre technique et notre matériel.

Nous en sommes, à présent, à notre cinquième extraction et notre pigment d’indigo est d’un beau bleu profond. Nous avons laissé fleurir certaines plantes afin d’en recueillir les graines et… relancer cette belle aventure l’année prochaine.

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